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GUIDE N°62 · EUROPE DE L'EST · 55.7558° N, 37.6173° E

Russie

Formellement déconseillée par la France sur tout son territoire, à lire avant tout projet

Saison Aucune, voyage formellement déconseillé Mis à jour 02/10/2026

Sur la fiche « Conseils aux voyageurs » consacrée à la Russie, la première phrase du ministère des Affaires étrangères ne laisse aucune marge : les déplacements sont formellement déconseillés, et la rubrique sécurité étend ce niveau rouge à l’ensemble du territoire. Cette page ne présente donc pas le pays comme une destination ordinaire, et elle ne contient ni budget journalier ni prix de billet. Elle explique ce qui rend un séjour risqué (la guerre, les arrestations arbitraires, les frappes de drones sur Moscou et Saint-Pétersbourg), ce qui le complique (plus de vol direct, cartes bancaires européennes refusées, assurances qui se dérobent), puis ce que les visiteurs d’avant 2022 venaient y voir : le Kremlin, le métro de Moscou, l’Ermitage, le Baïkal. À lire comme un dossier d’information, pas comme une invitation.

L’essentiel. D’après France Diplomatie (fiches consultées le 2 octobre 2026), les déplacements en Russie sont formellement déconseillés sur l’ensemble du territoire, avec un risque d’arrestation et de détention arbitraires pour les ressortissants de pays déclarés « inamicaux ». Il n’y a plus de vol direct Paris-Moscou depuis février 2022, les cartes bancaires émises en Europe ne sont plus acceptées sur place, le visa est obligatoire pour séjourner comme pour transiter, et certains assureurs, dont AXA Assistance, ne couvrent pas le pays. L’indice collaboratif Numbeo place les restaurants à 56 % du prix français, un chiffre sans valeur pour qui ne peut ni payer ni se faire rembourser. Aucune période de départ n’est conseillée.

Peut-on encore voyager en Russie en 2026 ?

Physiquement, oui : des liaisons indirectes subsistent (voir plus bas). Mais le mot du ministère est « déconseillé », pas « interdit », et le degré retenu est le rouge, celui des régions formellement déconseillées. La rubrique sécurité, actualisée le 12 mars 2026, l’applique à l’ensemble du territoire russe. La fiche de dernière minute, mise en ligne le 10 septembre 2026, en donne deux raisons : la poursuite de la guerre d’agression contre l’Ukraine, et le durcissement de la législation pénale russe, avec un risque d’arrestation et de détention arbitraires pour les ressortissants de pays déclarés « inamicaux » par les autorités.

La fiche distingue ensuite des zones à proscrire : les oblasts de Koursk, Belgorod, Briansk, Voronej et Rostov, ainsi que le territoire de Krasnodar, qualifiés d’arrière du front. Elle précise que la région de Moscou est régulièrement visée par des tirs de drones et de missiles, que Saint-Pétersbourg et la région de Leningrad subissent des frappes régulières de drones, et que le trafic aérien est souvent interrompu, avec des fermetures des aéroports des deux villes. Les deux capitales qui servaient d’entrée en matière à tout voyage en Russie figurent donc dans la liste des lieux touchés.

Deux conséquences pratiques méritent d’être connues avant tout projet. Côté assurance, un contrat qui renvoie aux avis du ministère, comme certains de ceux que recense le comparateur Hellosafe (page mise à jour le 17 septembre 2026), ne rembourse pas l’annulation d’un voyage vers une destination déconseillée. Côté assistance, la fiche rappelle que les frais médicaux ne seront en aucun cas pris en charge par l’ambassade de France. C’est pourquoi ce guide ne contient aucun conseil du genre « comment partir pas cher ».

Quels sont les risques concrets pour un voyageur étranger ?

Arrestations, contrôles et parole en public

Le risque que la fiche met en tête n’est pas climatique. Un chercheur français arrêté en juin 2024 et condamné à trois ans de prison pour ne pas s’être déclaré comme « agent de l’étranger » est resté 581 jours en détention avant d’être libéré le 8 janvier 2026, dans le cadre d’un échange de prisonniers, rapporte Euronews. Ce cas n’est pas une statistique, mais il montre ce que recouvre l’expression « détention arbitraire ». Le ministère déconseille d’évoquer les questions politiques, en particulier la guerre en Ukraine, en public ou avec des inconnus. Sur place, la police peut vérifier l’identité de quiconque à tout moment : on garde sur soi une copie de son passeport et de son visa, faute de quoi une garde à vue de trois heures au plus est possible. À certains aéroports, la police aux frontières contrôle aussi les téléphones et les ordinateurs, ce qui peut être long.

Frappes, aéroports et évacuation

La fiche relève que les points de passage de la frontière terrestre occidentale sont peu nombreux et souvent encombrés, ce qui rend toute évacuation d’urgence difficile. Les autorités finlandaises ont prorogé jusqu’à nouvel ordre la fermeture de huit points de passage avec la Russie, et la frontière terrestre entre la Biélorussie et la Russie est interdite aux voyageurs qui ne sont ni russes ni biélorusses. Dans les airs, 21 compagnies russes figurent sur la liste noire de l’Union européenne, et la fiche juge que la sûreté des compagnies russes s’est dégradée depuis les sanctions. Une escale annulée ou un aéroport fermé n’est donc pas un aléa théorique, c’est un risque courant.

Terrorisme, santé, alcool et autres pièges

La menace terroriste existe aussi : la fiche cite l’attentat du Crocus City Hall, le 22 mars 2024, et demande une vigilance accrue dans les lieux publics et les transports en commun. Côté santé, elle recommande des vaccins à jour (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, rougeole) et d’emporter ses médicaments achetés en France, car la contrefaçon est répandue. À Moscou et à Saint-Pétersbourg, plusieurs hôpitaux « internationaux » accueillent en anglais.

Les règles locales piègent vite. Plusieurs personnes sont mortes après avoir bu du « Boyaryshnik », un alcool de substitution ; boire dans la rue est interdit et la tolérance est nulle pour les stupéfiants, y compris pour les simples consommateurs. La fiche note aussi que les crimes contre les personnes LGBT ont doublé en cinq ans, et qu’il est fortement déconseillé aux femmes seules de voyager dans les zones de vigilance, alors que le pays entier est classé en rouge. Pour comparer avec des destinations où la situation le permet, voyez notre guide du voyage solo femme.

Quelles formalités faut-il remplir pour entrer en Russie ?

Selon la rubrique « Entrée / séjour » de France Diplomatie (mise à jour le 15 septembre 2026), les Français doivent avoir un visa pour séjourner en Russie comme pour y transiter. La demande se dépose auprès des autorités consulaires russes du pays de résidence, et la fiche renvoie au site de l’ambassade de Russie en France pour le détail : type de visa, durée et coût s’y vérifient, et nous n’en reproduisons aucun ici. Le reste du dossier tient dans le tableau ci-dessous.

Formalité Ce que dit la fiche de France Diplomatie
Visa Obligatoire pour séjourner et pour transiter, demandé aux autorités consulaires russes du pays de résidence
Passeport En cours de validité, avec au moins deux pages vierges accolées, et expirant au moins 6 mois après la date de validité du visa demandé
Carte de migration À remplir à l’arrivée, visée par les gardes-frontières, restituée à la sortie du territoire
Enregistrement L’hôtel ou le logeur notifie l’arrivée aux autorités et remet la partie détachable de la notification
Assurance Une assurance voyage avec rapatriement est contractée pour obtenir le visa (rubrique santé)
Sortie du territoire Visa valide exigé ; en cas de dépassement du séjour ou d’absence d’enregistrement, interdiction de partir tant que la situation n’est pas régularisée, expulsion possible et interdiction du territoire jusqu’à 5 ans
Devises Pas de déclaration sous 10 000 USD par personne ; exportation de plus de 10 000 USD temporairement interdite depuis le 22 mars 2022
Caviar Impossible d’en rapporter de Russie dans l’Union européenne, quelle que soit la quantité

Deux précisions que les guides oublient. D’abord, un dispositif expérimental de relevé des empreintes digitales et de photographie des étrangers aux aéroports internationaux de Moscou courait du 1er décembre 2024 au 30 juin 2026 ; la fiche, actualisée en septembre 2026, ne dit pas s’il a été prolongé, ce qui invite à poser la question avant tout départ. Ensuite, les souvenirs ont leurs règles : icônes, samovars, tapis, instruments de musique et affiches soviétiques doivent être accompagnés d’un certificat attestant l’absence de valeur historique, et l’exportation d’objets antérieurs à 1945 est illégale et sévèrement réprimée.

Comment va-t-on en Russie depuis la France aujourd’hui ?

Pas en ligne droite. Air France a suspendu ses vols entre Paris et Moscou-Cheremetievo comme Saint-Pétersbourg-Poulkovo le 27 février 2022, jusqu’à nouvel ordre, rapportait Air Journal. Le même jour, la France fermait son espace aérien aux avions et compagnies russes, et Moscou répondait en restreignant les vols de 36 pays, qui ne pouvaient continuer qu’avec une autorisation spéciale (franceinfo). Résultat : il n’existe plus de vol direct Paris-Moscou. Les itinéraires qui subsistent passent par un pays tiers, et le site spécialisé Russiable (page du 3 mai 2026) cite la Turquie, la Serbie, l’Arménie, les Émirats arabes unis ou le Qatar comme escales, la Serbie étant le seul pays européen dont la compagnie nationale relie encore Moscou et Saint-Pétersbourg en direct.

Par la terre, ce n’est pas plus simple. La fiche mentionne la fermeture des points de passage finlandais, celle du poste de Narva-Ivangorod, entre l’Estonie et la Russie, à la circulation routière depuis le 1er février 2024 pour des travaux censés durer jusqu’à fin 2025 (il restait ouvert aux piétons, et les autres postes estoniens, au sud, restaient ouverts), et l’interdiction faite aux non-Russes et non-Biélorusses de franchir la frontière entre la Biélorussie et la Russie. Un voyageur qui a vraiment une raison impérative d’y aller doit donc penser son trajet de retour avant son trajet d’aller. Pour comparer des billets vers d’autres pays, notre comparateur de billets d’avion et notre page vols restent le bon point de départ.

Cartes bancaires, assurance, consulat : que reste-t-il de la logistique habituelle ?

Les cartes de crédit émises sur le territoire européen ne sont plus acceptées en Russie et les chèques de voyage n’y sont pas reconnus, indique la fiche. Elle conseille de se munir de petites coupures neuves d’euros ou de dollars, convertibles dans les bureaux de change, très nombreux. Tout payer en espèces a son propre risque : la même rubrique recommande d’éviter les objets de valeur et les grosses sommes, et l’exportation de plus de 10 000 USD est temporairement interdite.

Côté prix, les indices existent mais disent peu. Numbeo, un site collaboratif, donne pour la Russie (mi-2026, base New York = 100) un coût de la vie de 39,3 contre 66,9 pour la France, soit 59 % du niveau français, et un indice restaurants de 36,3 contre 64,7, soit 56 %. Ce sont des moyennes nationales bâties sur des déclarations d’internautes : Moscou s’écarte de la moyenne, le rouble varie, et l’indice ne répond pas à la vraie question, qui est de savoir comment payer.

Pour l’assurance, AXA Assistance indique sur son site qu’elle ne peut pas intervenir en Russie ni en Biélorussie. Hellosafe recense encore 6 contrats pour un séjour touristique en Russie (contre 16 pour l’Allemagne), dont certains renvoient aux avis du ministère : l’un d’eux précise que le motif de renoncement, l’avis officiel, ne serait pas remboursé. Or une assurance voyage avec rapatriement est exigée pour obtenir le visa : obligatoire sur le papier, difficile à trouver en pratique, à lire ligne par ligne.

Si l’on est tout de même sur place, l’ambassade de France se trouve à Moscou, avec des consulats généraux à Moscou, à Saint-Pétersbourg (perspective Nevski) et à Ekaterinbourg. Le numéro d’urgence unique est le 112, et la fiche invite à s’inscrire sur Fil d’Ariane avant de partir. Dernier détail pratique : la Russie compte 11 fuseaux horaires, Moscou vit en UTC+3 et la Russie n’applique plus l’heure d’été depuis 2011, soit une heure de plus qu’à Paris l’été et deux heures de plus l’hiver.

Quel climat, et pourquoi la saison compte-t-elle moins que le contexte ?

Le climat est continental, avec des hivers longs. À Moscou, la température moyenne reste sous 0 °C du 10 novembre au 20 mars selon Wikipédia, et la neige tombe de la mi-octobre au début d’avril d’après Climates to Travel. Le tableau donne les maximales et minimales moyennes de la période 1991-2020, arrondies et recoupées sur ces deux sources.

Mois Moscou, maximale (°C) Moscou, minimale (°C) Saint-Pétersbourg, maximale (°C) Saint-Pétersbourg, minimale (°C)
Janvier -4 à -5 -9 à -10 -3 -7
Avril 11 à 12 2 9 à 10 2
Mai 18 à 19 8 16 7
Juin 22 11 à 12 20 à 21 12
Juillet 24 à 25 14 à 15 23 15
Septembre 16 7 à 8 16 9 à 10
Octobre 8 à 9 2 à 3 9 4
Pont levé aux deux tabliers dressés et éclairés au-dessus de la Neva, sous un ciel bleu nuit
Un pont de la Neva levé pendant la nuit, à Saint-Pétersbourg, avec ses tabliers dressés et ses reflets sur l’eau. Photo : Vladimir Koss, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

À Saint-Pétersbourg, la latitude explique ce que le tableau ne montre pas : les nuits qui encadrent le solstice d’été ne sont jamais complètement obscures. Les nuits blanches s’étendent de la fin mai à la mi-juillet, et le jour le plus long, le 21 juin, dure 18 h 40 d’après Climates to Travel. Chaque nuit de la saison de navigation, d’avril à novembre, les ponts qui enjambent la Neva se lèvent pour laisser passer les bateaux ; le pont du Palais, premier à s’ouvrir, était annoncé vers 1 h 10 dans l’horaire 2026 de Piterpass. Reste à savoir dans quel état d’esprit on regarderait ce spectacle, quand la fiche signale des frappes de drones sur la ville et sa région.

Le lac Baïkal, plus à l’est, ne gèle qu’au début de janvier mais garde sa glace jusqu’en mai selon Wikipédia. Aucun mois n’est donc recommandé ici, et la météo n’est pas le sujet.

Que voit-on à Moscou, du Kremlin au métro ?

Moscou compte environ 13,1 millions d’habitants intra-muros (2023), ce qui en fait la ville la plus peuplée d’Europe d’après Wikipédia. C’est aussi, selon la fiche, une cible régulière de tirs de drones et de missiles. Ce qui suit décrit des lieux, pas un programme de visite.

Murailles rouges du Kremlin de Moscou dominées par des clochers blancs et des coupoles dorées
Les murailles du Kremlin et les coupoles de ses cathédrales, vues depuis la berge de la Moskova. Photo : Anatoly Selyaninov, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Le Kremlin, d’abord. Il est bâti sur une colline qui domine la rive gauche de la Moskova, et son ensemble, avec la place Rouge, est inscrit à l’UNESCO depuis 1990 (Wikipédia). Ses murailles de brique rouge et ses tours à toit de tuiles dessinent le profil le plus reconnaissable de la capitale.

Cathédrale Saint-Basile et ses bulbes colorés sur un ciel bleu uni, avec des arbres au pied
La cathédrale Saint-Basile, sur la Place Rouge, à Moscou. Photo : Никонико962, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

La cathédrale Saint-Basile se dresse sur la place Rouge, à l’est du Kremlin. Sa construction a commencé en 1555 et elle a été inaugurée en 1561, sous Ivan IV, pour célébrer la prise de Kazan ; Wikipédia l’attribue à l’architecte Postnik Yakovlev, dit « le Faiseur de Villes », et note qu’elle est devenue le symbole de l’architecture traditionnelle russe. Ses bulbes colorés lui valent d’être l’édifice que l’on reconnaît avant même de savoir où il se trouve.

Muraille de brique rouge du Kremlin avec une tour à toit vert et un bâtiment jaune et blanc à dôme, vus de la place Rouge
La muraille de brique rouge du Kremlin côté place Rouge, avec une tour à toit vert et un bâtiment jaune et blanc surmonté d’un dôme · photo via Wikimedia Commons, licence CC-BY SA 4.0

La fiche note par ailleurs que la région de Moscou connaît une forte diminution de la petite délinquance envers les touristes, grâce au déploiement de la vidéosurveillance, tout en gardant la vigilance d’usage. C’est le seul passage vraiment rassurant de ses rubriques sécurité, et il pèse peu face aux autres.

Station de métro à arches d'acier poli et plafond à médaillons lumineux, quai vide et rames de chaque côté
La station Maïakovskaïa, l’une des plus décorées du métro de Moscou. Photo : Sergey A. Demidov, via Wikimedia Commons, CC BY 4.0.

Le métro de Moscou est un monument autant qu’un réseau. La première ligne a ouvert le 15 mai 1935 ; on compte aujourd’hui 256 stations et en moyenne 6,25 millions de passagers par jour, ce qui en fait le métro le plus fréquenté d’Europe, ouvert de 5 h 25 à 1 h (Wikipédia). Sa station Maïakovskaïa, mise en service le 11 septembre 1938 à 33 mètres sous la place, a valu à son architecte Alexeï Douchkine le Grand prix de l’Exposition universelle de New York 1939-1940 : piliers revêtus d’acier inoxydable et de rhodonite, sol de marbre jaune, vingt-quatre mosaïques de plafond d’Alexandre Deïneka. On y entre pour se déplacer, on y reste cinq minutes de plus pour lever les yeux.

Que voit-on à Saint-Pétersbourg ?

Saint-Pétersbourg a été fondée en 1703 par Pierre le Grand, dans une région disputée à la Suède, avec l’idée d’« ouvrir une fenêtre sur l’Europe » (Wikipédia). Son centre historique figure sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. À la fin du XIXe siècle, le delta de la Neva comptait 48 rivières et canaux qui découpaient 101 îles : c’est ce qui explique les ponts, et leur rôle dans les nuits d’été décrites plus haut.

Façade verte et blanche du Palais d'Hiver, bordée par la place du Palais, avec quelques passants
Le Palais d’Hiver, qui abrite l’Ermitage, donne sur la place du Palais, à Saint-Pétersbourg. Photo : Kora27, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

L’Ermitage, fondé en 1764, est le plus grand musée du monde par le nombre d’objets exposés : plus de soixante mille pièces dans près de mille salles, pour environ trois millions d’objets conservés en réserve (Wikipédia). Il occupe notamment le Palais d’Hiver, le quatrième du nom, dessiné entre autres par Bartolomeo Rastrelli, avec sa façade vert et blanc de 250 mètres de long, reconstruit aussitôt après l’incendie de 1837.

Église du Sauveur-sur-le-Sang-Versé et ses coupoles émaillées sous un ciel bleu et nuageux
L’église du Sauveur-sur-le-Sang-Versé, à Saint-Pétersbourg, avec ses bulbes émaillés et ses façades décorées. Photo : Teddy fox78, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

L’église du Sauveur-sur-le-Sang-Versé marque l’endroit où l’empereur Alexandre II a été mortellement blessé le 1er mars 1881 (13 mars dans le calendrier grégorien). Commencée en 1883 sous Alexandre III, achevée en 1907, elle abrite plus de 7 500 m² de mosaïques, davantage que n’importe quelle autre église au monde selon ses restaurateurs, cités par Wikipédia. Sa coupole principale mesure 81 mètres, en écho à l’année 1881.

Palais de Peterhof, fontaines et statues dorées de la Grande cascade, avec une chapelle aux coupoles dorées à gauche
La Grande cascade de Peterhof, devant le Grand Palais, près de Saint-Pétersbourg. Photo : Елена Нечипоренко, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Peterhof, sur la rive sud du golfe de Finlande, est la réponse de Pierre le Grand à Versailles : après un voyage en France, il voulut un palais qui l’égalerait en beauté, et si Versailles célèbre Apollon, Peterhof évoque Neptune. Les travaux ont débuté en 1714 sous la direction de l’architecte français Jean-Baptiste Alexandre Le Blond et ont été officiellement terminés le 15 août 1723. La fiche de France Diplomatie cite Saint-Pétersbourg et sa région parmi les zones touchées par les frappes de drones, ce qui vaut aussi pour les palais de banlieue.

Anneau d’or, Transsibérien, Baïkal : que reste-t-il du pays hors des deux capitales ?

Ensemble de la laure de la Trinité-Saint-Serge avec ses églises et clochers, derrière des arbres aux feuilles jaunies
La laure de la Trinité-Saint-Serge, à Serguiev Possad, vue de l’extérieur de l’enceinte. Photo : Sergey Sebelev, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

L’Anneau d’or désigne un groupe de villes médiévales au nord-est de Moscou, desservies par la route fédérale R132 (Wikipédia). Serguiev Possad, à 71 km de la capitale, abrite la laure de la Trinité-Saint-Serge, fondée au XIVe siècle par saint Serge de Radonège et dotée au XVIe siècle par Ivan le Terrible d’un ensemble d’églises et de bâtiments ; l’ensemble est classé à l’UNESCO depuis 1993. La ville, qui comptait 98 251 habitants en 2024, est reliée à Moscou par un train de banlieue d’environ une heure trente depuis la gare de Iaroslav.

Mur de brique rouge à tours du monastère Saint-Euthyme de Souzdal, au-dessus d'une prairie sous un ciel bleu
Les murs du monastère du Sauveur-Saint-Euthyme, à Souzdal, vus depuis la prairie voisine. Photo : Tsyganov Sergey, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Souzdal, à 220 km au nord-est de Moscou, ne compte que 9 090 habitants (2023) et revendique d’être l’une des plus anciennes villes de Russie, mentionnée dès 999 d’après le Codex de Novgorod. Devenue une principauté en 1125, c’est là que s’est formée l’architecture de pierre blanche de Vladimir et Souzdal, dont plusieurs monuments sont inscrits à l’UNESCO depuis 1992. On a tendance à croire qu’une ville de ce prestige est vaste ; celle-ci compte à peine plus de 9 000 habitants.

Long train sur une voie ferrée qui longe la rive du lac Baïkal, avec des montagnes dans la brume
La voie du Transsibérien longe la rive du lac Baïkal, en Sibérie orientale. Photo : Artem Svetlov, via Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

Le Transsibérien n’est pas un train mais une ligne, relève Wikipédia : aucun convoi ne porte ce nom. La voie relie Moscou à Vladivostok sur 9 288 km, et le train le plus rapide, le « Rossiya », met une semaine pour la parcourir. Ces chiffres rappellent surtout une chose : dans un pays de 11 fuseaux horaires, l’idée de « faire la Russie » en un seul voyage n’a pas de sens.

Le Baïkal, lui, tient les records : 1 642 mètres de profondeur maximale, 31 722 km² (de l’ordre de la Belgique), 25 millions d’années d’existence et environ 20 % de l’eau douce de surface de la planète, selon Wikipédia, qui date son inscription à l’UNESCO de 1996. La fiche de France Diplomatie en tire une mise en garde : rouler sur un lac gelé exige un guide professionnel et un chauffeur expérimenté, des accidents mortels y surviennent chaque année et sont plus nombreux dès mars, quand la température remonte.

Pour les séjours en forêt ou en Sibérie, la fiche santé cite aussi l’encéphalite à tiques et, pour la bordure sud-est du pays, l’encéphalite japonaise, avec une vaccination à discuter avec un médecin des voyages.

Que mange-t-on en Russie, et comment s’y déplace-t-on ?

La cuisine russe est d’abord une cuisine de soupes et de pâtes farcies. Wikipédia cite côté potages le bortsch, le rassolnik, la solianka et l’oukha (soupe de poisson), et côté plats les pelmeni, les vareniki et les pirojki. Les blini sont des crêpes à la levure servies avec du beurre, de la crème épaisse ou du caviar ; les « blinis » occidentaux, petites galettes de type pancake, s’appellent oladi en russe. Les zakouski, ces hors-d’œuvre, mêlent harengs, concombres à l’aigre-doux et caviar d’aubergine.

Une précision qui compte pour le bortsch, que beaucoup rangent d’office parmi les plats russes : c’est un potage partagé par plusieurs pays slaves, dont la plus ancienne mention connue l’attribue à la cuisine ukrainienne, et le bortsch ukrainien fait partie depuis 2022 du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, selon Wikipédia. On peut le goûter sans le revendiquer.

Casserole en inox remplie de soupe rouge de type bortsch, avec un bocal de poudre d'épices posé à côté, sur un set noir et orange
Une casserole de soupe rouge à la betterave de type bortsch, avec un bocal d’épices · photo via Wikimedia Commons, licence CC-BY SA 4.0

Pour la boisson, la fiche rappelle que la vente d’alcool est généralement interdite de 23 h à 8 h, de 21 h à 8 h à Moscou et de 22 h à 11 h à Saint-Pétersbourg. Quant au caviar, il est désormais impossible d’en rapporter en France, noir ou rouge, quelle que soit la quantité : l’article 3 decies du règlement européen 833/2014 l’interdit.

Pour les déplacements, le métro de Moscou fonctionne comme décrit plus haut. Le train à grande vitesse Sapsan, lancé le 17 décembre 2009 avec des rames Siemens Velaro RUS, relie Moscou à Saint-Pétersbourg en 3 h 45 selon Wikipédia. La fiche, elle, nuance : le réseau ferroviaire est parfois saturé et le matériel en cours de modernisation. Elle déconseille vivement les « taxis sauvages » à toute heure, rappelle que les accidents de la route sont le principal risque en Russie, que le permis français est reconnu pour un court séjour (un permis international est recommandé) et que l’alcoolémie autorisée au volant est de zéro.

Quelles destinations choisir à la place ?

Si ce qui vous attire est la Baltique, les capitales impériales ou les longues soirées d’été, d’autres pays de la région offrent des villes à parcourir sans passer par un visa russe ni par un paiement en espèces. La Finlande, l’Estonie et la Lituanie bordent la mer Baltique, et la Pologne n’est pas loin. Avant toute réservation, lisez la fiche « Conseils aux voyageurs » du pays visé : c’est le réflexe que cette page aurait voulu donner dès la première ligne.

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Questions fréquentes sur un voyage en Russie

Est-il possible d’aller en Russie en ce moment ?

Sur le plan pratique oui, mais France Diplomatie déconseille formellement tout déplacement sur l’ensemble du territoire russe (fiches consultées le 2 octobre 2026). Il faut un visa, même pour transiter, il n’existe plus de vol direct depuis Paris et les cartes bancaires européennes ne sont plus acceptées. Le ministère ne l’interdit pas, mais assurance, assistance et évacuation deviennent très incertaines.

Est-ce risqué de voyager en Russie ?

Oui, d’après la fiche officielle. Elle cite la guerre en Ukraine, le risque d’arrestation et de détention arbitraires pour les ressortissants de pays « inamicaux », les frappes régulières de drones sur Moscou et Saint-Pétersbourg, la fermeture fréquente des aéroports, la menace terroriste (attentat du 22 mars 2024) et une évacuation d’urgence difficile, les points de passage terrestres de la frontière occidentale étant peu nombreux et encombrés.

Les Français ont-ils besoin d’un visa pour la Russie ?

Oui. La fiche indique que le visa est obligatoire pour séjourner en Russie comme pour y transiter, et qu’il se demande aux autorités consulaires russes du pays de résidence. Le passeport doit comporter deux pages vierges accolées et expirer au moins 6 mois après la date de validité du visa. Une assurance voyage avec rapatriement est exigée pour l’obtenir.

Peut-on payer par carte bancaire en Russie ?

Pas avec une carte émise en Europe, selon la fiche : les cartes de crédit européennes ne sont plus acceptées et les chèques de voyage ne sont pas reconnus. Elle conseille des petites coupures neuves d’euros ou de dollars, à changer dans les bureaux de change. L’exportation de plus de 10 000 USD en espèces est temporairement interdite depuis le 22 mars 2022.

Peut-on s’assurer pour un voyage en Russie ?

Difficilement. AXA Assistance indique ne pas pouvoir intervenir en Russie, et le comparateur Hellosafe (page du 17 septembre 2026) recense seulement 6 contrats, dont certains refusent le remboursement de l’annulation quand le ministère déconseille la destination. Or une assurance voyage avec rapatriement reste exigée pour obtenir le visa russe : lisez chaque exclusion avant de signer.

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